Selon Nasio (2012) « L’inconscient est la force qui nous pousse à répéter sereinement les mêmes comportements heureux– et alors la répétition est une répétition saine et l’inconscient est une force de vie– ; ou qui nous pousse à répéter compulsivement les mêmes erreurs et les mêmes comportements d’échec– et alors la répétition est une répétition pathologique et l’inconscient une force de mort ».

L’inconscient aurait donc un rôle central dans l’activation des actes répétitifs heureux ou malheureux qui construisent notre existence. Les actes sont conscients et perçus par le sujet qui les accomplit mais leurs causes originelles restent ignorées. « C’est pourquoi l’expression « répétition inconsciente » signifie répétitions dont la cause est inconsciente ».

Pour Nasio, la répétition est une suite d’au moins deux occurrences où un objet  apparaît – première occurrence -, disparaît, et réapparaît – deuxième occurrence -, chaque fois légèrement modifié toutes les fois où il ressurgit. Il est à noter que l’événement heureux ou pathologique (suite de trois occurrences) ne se répète jamais de façon complètement reconnaissable, mais sous des aspects sensiblement différents.

La répétition saine

Selon Nasio la répétition saine n’est pas compulsive et elle est essentiellement « une tendance irréductible qui n’a de finalité que de rester toujours une force qui va et nous entraîne à devenir davantage nous-mêmes. La répétition produit sur nous trois effets éminents : préserver notre unité d’individu, développer au maximum nos potentialités et consolider le sentiment que nous sommes le même hier et aujourd’hui. Cette répétition produit un triple effet bénéfique : la conservation de soi, l’épanouissement de soi et l’affirmation de notre identité».

Par exemple en utilisant PsyLife un outils digital qui permet de structurer les vécus de façon très visuel,  il a été observé dans la trajectoire sociale (Domicile / Résidence) d'une personne de 50 ans, que la totalité des événements de vie répétitif de cette catégorie étaient sains. Quel que soit le lieu d’habitation/ résidence : la ville, la campagne, en collectivité, en internat, en colocation, en couple, seul, dans une maison ou en appartement, toutes ces périodes de vie ont été identifiées avec une valence affective positive de couleur verte. Cette personne est dans une répétition saine génératrice de force de vie qui met en exergue des capacités d’adaptation et de socialisation élevées et donc d’une compétence restée jusque-là inconsciente. Elle est maintenant révélée dans PsyLife par une organisation temporelle visuelle et synthétique de l’information. Une fois identifiée et signifiante pour la personne, celle-ci peut s’appuyer sur cette compétence dans son rapport au monde, voire réédifier et/ou consolider l’affirmation de son identité.

La répétition pathologique inconsciente

La répétition pathologique est très différente, elle est insistante et compulsive (incontrôlable et que rien n’arrête). Elle se manifestesous la forme d’une « émotion infantile, violente et refoulée qui apparaît, disparaît, réapparaît et réapparaît encore quelques années plus tard, à l’âge adulte, sous la forme d’un vécu troublant dont le symptôme et le passage à l’actes ont les paradigmes »

Une prémisse à conserver en arrière-plan pour le professionnel. En écoutant la plainte d’une personne, le professionnel sait spontanément que ce que le sujet vit aujourd’hui est forcément la répétition pathologique de ce qu’il a vécu hier. A ce titre, il est important d’identifier l’événement circonstanciel où est apparue la première manifestation du symptôme et/ou passage à l’acte. En effet, cet élément est indispensable pour comprendre le processus de l’installation du trouble. Il y a toujours une première fois et elle est résolument décisive, parce que c’est que la charge affective sans « symbolisation » s’est engrammée inconsciemment dans la mémoire de façon pénétrante et ineffable.

Selon Nasio, cerner l’éruption originelle est bien plus révélatrice de la signification du trouble que ses réapparitions ultérieures et c’est bien cette signification que le professionnel doit chercher à comprendre :
 –  « Pourquoi ce trouble a-t-il été nécessaire ? »
–  « Quel a été l’enchaînement des événements psychiques qui l’a rendu nécessaire ? »
–  « De quel problème le dit trouble est-il la « mauvaise » solution » ?

Si le professionnel parvient à répondre intérieurement à ces interrogations alors il aura réalisé une avancée importante dans sa recherche de la signification du trouble.

Concrètement dans PsyLife, l’objectif du professionnel est alors de repérer la/les configuration(s) de la/les « guirlande(s) » des répétitions inconscientes pathologiques. C’est l’identification et la recherche de la signification pour le professionnel de cette guirlande qui va le centrer sur l’exploration approfondie de l’histoire de ce symptôme parce qu’elle définit la personne de façon très intime. C’est cette signification éclairée du praticien qui sera activée par touches (reviviscence) dans la multitude des interactions avec la personne afin qu’il puisse s’approprier la signification du symptôme resté jusque-là inconscient.

Au fond, autour de chaque personne il gravite deux ou trois blessures majeures, souvent ouvertes dans l’enfance ou l’adolescence. Ce sont les plaies à «cautériser» par des processus d’élaboration et de mentalisation qui se caractérisent par une prise de conscience émotionnelle, ici, dans cette approche psychanalytique une reviviscence thérapeutique, progressive, sereine et verbalisée. Ainsi, la compulsion de répétition se dissout graduellement au fur et à mesure des entretiens de mentalisation.

Avec PsyLife, il revient au professionnel d’exercer son art, et sa technique de la façon qu’il lui convient. Ainsi, il peut choisir de contextualiser la signification éclairée du symptôme en s’appuyant de façon plus ou moins prononcée sur la guirlande des événements répétitifs qui apparaissent de façon visuelle sur la trajectoire de vie correspondante.

Il est à noter que selon la nature du symptôme/trouble, le praticien peut s’appuyer également sur des outils psychocorporels comme par exemple : EMDR, HTSMA etc.

Bibliographie
Nasio, J.-D. (2012). L’Inconscient, c’est la répétition. Paris : Payot.